Chili

Un début d’année à Santiago du Chili

By 10 février 2020 No Comments

En ce début d’année 2020, nous voilà arrivés à Santiago. On nous avait prévenu : « c’est pas le moment d’aller au Chili »;  « y’a des manifestations, des émeutes, la guerre même ! » En fait, c’était peut-être un peu exagéré cette histoire. Alors, mettons les points sur les « i » tout de suite.

Depuis plus d’un an le Chili traverse une crise sociale et politique inédite. Partie de l’augmentation du prix des tickets de métro, la contestation s’est vite étendue à une demande de changement plus large et plus structurelle. Dans le viseur d’une grande partie de la population : la constitution. Celle-ci, héritée de Pinochet, faire la part belle aux idées néolibérales en vogue dans les années 80 : « l’Etat est inefficace, laissons faire le marché ». Les conséquences, dans ce pays pourtant riche, sont connues : inégalités économiques exacerbées, services publics (notamment de santé) en souffrance, ressources naturelles (dont l’eau) privatisées etc…  Sans compter des pratiques de maintien de l’ordre très violentes, rappelant là beaucoup les heures sombres de la dictature. 

Donc déjà, on ne fait pas face à des troubles fascistes, à une insurrection armée ou à une révolution prolétarienne mais bien à un mouvement qui attire notre sympathie. Mais qu’en est-il sur place ? Et bien c’est comme partout ! Les gens manifestent un jour (certains plus), mais le reste du temps la vie continue : ils vont travailler, chercher leurs enfants à l’école, boire des bières en terrasse et les touristes, eux, visitent en toute quiétude. Et les jours de manifestation ? Et bien comme à Paris pendant les Gilets Jaunes : une ville c’est grand, si les manifestations ne sont pas dans ton quartiers, tu peux seulement les voir à la télé. Et puis c’est l’été, les vacances vident un petit peu les cortèges. 

Donc, nous voilà à Santiago dans ce contexte. Notre objectif : rencontrer la Fundacion Chile qui est à la pointe sur la question de l’eau au Chili. La fondation peut nous rencontrer mais seulement 10 jours après notre arrivée. On va donc en profiter pour monter des vidéos tournées en Argentine, préparer la suite du voyage et tourner 2 vidéos où Grégoire joue au youtubeur pour un nouveau format vidéo qu’on appelle 33CL.
On se motive aussi à aller à un évènement sur l’eau organisé au Fundacion Salvador Allende. 4 intervenantes viennent discuter de l’eau au Chili dans le contexte du mouvement social actuel et du changement climatique : une artiste, deux universitaires et une spécialiste de la gestion de l’eau. Evenement intéressant mêlant infos scientifique et politique mais aussi envolées artistiques et spirituelles. On profite de la fin de l’événement pour prendre contact avec une des intervenantes, Francisca, universitaire et militante au Mouvement Eau et Territoire (MAT). Francisca parle très bien français (son père était exilé en France sous la dictature. On la rencontrera quelques jours plus tard pour une interview.

Les jours passent, on passe d’un Airbnb à l’autre pour finir dans une guest house très tranquille. Comme c’est l’été, sur les 10 chambres, seules 5 sont occupées, le reste est loué sur Airbnb. C’est comme ça qu’on rencontre Stephen et Linda. Linda est sud-coréene. Elles voyagent en alternant tourisme, volontariat et travail de web-designeuse à distance. Stephen est autrichien. Il est consultant en stratégie et marketing digital. Depuis 2 ans, ils travaillent à distance et se pose quelques semaines dans une ville puis ils changent. Tous les étés, il revient à Berlin profiter de ses proches. Du coup, on a tous un peu le même rythme : on reste à l’appart, on travaille sur l’ordi, on sort de se balader. C’est ce qu’il nous fallait.

Et puis ce Airbnb a l’avantage d’être dans un quartier mi-populaire, mi-bobo, mi-artiste : Barrio Brasil. C’est un quartier calme mais avec beaucoup de bar, de restaurants et surtout… Beaucoup de street art. Le meilleur quartier qu’on ait pu visiter à Santiago. 

On finit par avoir ce rendez-vous à la Fondation Chile. Le feeling passe bien et ils comprennent bien le principe de notre projet. On ressort de ce rendez-vous avec plein de contacts et d’idées d’initiatives à aller filmer. Pour cela, direction Valparaiso sur la côte avant de remonter au nord du Chili jusqu’au Pérou.