Chili

Nord du Chili : de la route et des tournages

By 27 février 2020 No Comments

On est déjà mi-janvier et nous voilà, après 2 semaines a Santiago, repartis pour plusieurs tournages au nord du Chili. 1ère étape : Valparaiso, haut lieu du street art, ville côtière composée de collines, de maisons colorées. Bref, c’est magnifique. Il y’a de la nostalgie dans l’air avec ces vieux ascenseurs/funiculaires, ces places et escaliers où la jeunesse vient boire une bière en face du couché de soleil. 

On est venu à Valparaiso pour rencontrer Cristian. Proche de la trentaine, ce biologiste de formation a créé une start-up avec une ambition : économiser l’eau. Pour ça, il a créé une poudre (composée d’hydrogèle et d’algue) qui retient l’eau dans le sol et qui permet aux agriculteurs d’utiliser moins d’eau. On le rencontre un matin, en haut d’une colline. On discute, bon feeling. On fera l’interview sur le toit de l’hôtel d’un de ses amis. 

2 jours après, nouveau tournage. Cette fois, on sort de Valparaiso pour le Jardin botanique de Vina del Mar a 1h en bus. On rencontre Alejandro, directeur charismatique du Jardin. On vient le voir car il a initié un projet de reforestation et d’infiltration d’eau de pluie sur la partie haute du jardin. La partie basse, ouverte au public, est magnifique : fleurs, arbres, rivières, pelouses bien vertes etc… On va avec lui dans la partie haute, non irriguée, sèche et aride. On découvre avec lui les zones d’infiltration. Il nous balade en 4×4, on filme et on l’interview. 

Quelque jours plus tard nous voilà un peu plus au nord à la Ligua dans la Province de Petorca. On est en contact avec René, le chargé de communication de MODATIMA, une association qui lutte pour le droit à l’eau. On aimerait rencontrer Rodrigo Mundaca, le porte-parole charismatique de l’association qui a donné quelques semaines auparavant une interview remarquée à Brut. Dans celle-ci, il met en exergue la culture des avocats qui accapare l’eau au détriment des habitants. Mais Rodrigo Mundaca est très occupé : conférences, réunions, manifestations. On rencontre donc René à La Ligua en pensant faire l’entretien avec lui. Contre toute attente Rodrigo est là. On passera la journée avec lui et René à nous balader dans la province à la découverte des conséquences des cultures d’avocats sur le territoire et la population. 

Nous voilà repartis vers le nord, direction La Serena. Bus, autostop, bivouac sur la plage on finit par y arriver. La Serena, c’est une petite ville mignonne coté terre, une station balnéaire coté mer. On finit dans un hôtel sans nom, après avoir négocié au maximum le prix. Notre objectif à la Sérena ? Découvrir le projet d’atrapanueblas (« attrape-nuage ») implémenté dans la région par une communauté et une ONG. Le responsable de l’ONG, Nicolas, nous donne rendez-vous directement aux atrapanueblas, à 1h30 de route de la Serena, en haut d’une colline, au bout d’un chemin en terre. Nous arrivons en voiture de location à 13h au lieu de rendez-vous. On retrouve Nicolas, et deux personnes de la communauté dont Dany le nouveau éco-garde du site. Ils n’ont qu’une heure à nous consacrer. On fait l’interview de Nicolas, on filme les atrapanueblas, ces grands filets qui condensent et récupèrent l’eau des nuages. On fait vite. Dany et son collègue proposent qu’on le suivent en voiture pour qu’on puisse filmer la brasserie de leur village qui fait des bières à partir de cette « eau des nuages ». Ils démarrent, roulent. Notre voiture, elle, ne démarre pas. La galère commence.

La batterie est à plat, Danny est partie. Après des heures de tentatives multiples on finit par appeler l’opérateur de notre carte SIM argentine qui arrive à la recharger à distance. On finit par avoir internet, appeler Dany qui vient nous sauver avec son oncle. On part ensuite visiter la brasserie,  son oncle nous invite à manger chez lui. On finira sur une plage avec la tente face à la mer (et la voiture ensablée, mais ça c’est une autre histoire).

Quelques jours, et plusieurs heures de bus, plus tard nous voilà à Antafogasta. Peut-être la ville la moins sympa qu’on ait visitée depuis le début de notre voyage. Ville cotière, certes, mais surtout industrielle et minière. On s’y arrêtera juste le temps de découvrir l’école de surf, à vocation sociale, Budeo et la machine à créer de l’eau à partir de l’air, la Smart Water Solution. 

Notre dernière étape au Chili, c’est Iquique, tout au nord du pays. C’est une ville côtière qui vit des activité minières mais aussi du tourisme. C’est une ville agréable, plutôt sympa. L’objectif de notre venue : rencontrer Diego et découvrir les techniques ancestrale de gestion de l’eau des communautés indigènes. Diego, en compagnie de son frère, vient nous chercher un matin avec le 4×4 de son ONG. Direction la Laguna de Huasco à 2h30 de route et à presque 4000 m d’altitude. Pas évident de monter aussi haut en aussi peu de temps, alors qu’on part du niveau de la mer. Arrivé à la Laguna, on a le souffle coupé. C’est beau. 

On retrouve, à un petit hameau à coté de la laguna, une famille indigène. Ils sont en quelques sortes les gardiens de cette lagune. Concrètement, la laguna est salée mais alimentée par une source d’eau douce. Cette famille fait en sorte de répartir au maximum l’eau douce, à a travers des petits canaux, avant qu’elle atteigne la lagune. Ainsi, cette eau permet la présence d’un écosystème unique fait de plantes basses, d’herbes et de petites marres où les animaux d’élevages et les flamands roses vivent. Le maintien de cet écosystème a un prix. Celui de creuser et boucher des petits sillons à la pelle, tous les jours. 

Le lendemain, nous prenons un bus, direction le Pérou où nous allons nous poser pour monter une partie de ces vidéos.