Pérou

C’est (pas) le Pérou

By 14 mars 2020 No Comments

On quitte le Chili après un mois intense en tournages. On n’a pas arrêté : tournage, bus, tournage, bus. Le Chili étant plus cher qu’on le pensait, direction le Pérou pour continuer à monter les vidéos et s’occuper du site et des réseaux sociaux. Mais où aller ? On contact des amis qui connaissent bien le Pérou. Au sud du pays existe une ville où, parait-il, il fait bon vivre, la 2ème ville du Pérou d’ailleurs : Aréquipa. On y va !

Arrivés à Aréquipa un dimanche à 6h du matin. A peine réveillés d’une nuit en bus à la fois longue et trop courte, on a un du mal à émerger. On se retrouve sur la place principale, 1ers sur le pont en cette fraiche matinée. Disons le de suite, c’est beau. Cette place on l’aime bien : sur un coté une cathédrale monumentale, sur les autres cotés des bâtiments coloniaux avec leurs arcades. Le calme fait place à l’ébullition. On entend parler anglais, français, allemand. On voit des têtes blondes et des Guide du Routard sur les tables. Pour la 1ère fois du voyage, nous voilà touristes parmi les touristes.

Aréquipa est à 2300 m d’altitude et est entourée de volcans enneigés culminant à plus de 5000 m d’altitude, dont le mythique Misti. La ville est agréable bien que très touristique. L’idée de notre séjour : bosser sur les vidéos et les réseaux sociaux. Alors on s’y met dans le meilleur des cadres : les toits terrasses de nos hôtels avec vu sur les volcans. On y passe presque deux semaines. On se prend vraiment 2 petites journée pour visiter la ville dont le couvent, plus grand du monde, véritable village dans la ville. On rencontre aussi Vladimir, un français installé à Aréquipa depuis 2 mois, personnage haut en couleur qui nous fera découvrir « Aréquipa by night ».

Pour la suite, direction Cusco. Pourquoi Cusco ? Pour plein de raison. La 1ère c’est qu’on a en tête deux projets à filmer là-bas. Puis Cusco il parait que c’est magnifique, on veut voir ça. Enfin, si on veut voir le Machu Picchu (peut-être la seule occasion d’y aller de nos vies), c’est là-bas qu’il faut être. Le trajet vers Cusco n’est pas évident. Notre bus s’arrête en plein milieu de la nuit à un col à plus de 4000 d’altitude. Dehors c’est le brouillard total, la route est en partie inondée, des dizaine de camions sont sur le bas coté. On finit par y arriver avec plusieurs heures de retard. Cusco c’est beau bien que (très) touristique. L’endroit le plus touristique qu’on ait visité d’ailleurs.

On arrive un dimanche, dès le mardi on fait notre 1er tournage. On retrouve a Ayde, une jeune spécialiste de la gestion de l’eau qui nous accompagne dans une petite école, d’un petit village à 1h de route de Cusco. La-bas, son ami Diego a implanté avec son aide une système de recyclage des eaux usées. L’idée du projet : les eaux usées des toilettes et des douches passent par un bio digesteur, puis par une zone humide artificielle qui finit de les épurer. L’eau est ensuite utilisée pour irriguer des potagers entretenus par les professeurs et les élèves.

Le lendemain, on retrouve l’équipe du Centre Bartholomé de Las Casas qu’on a déjà rencontré le lundi matin. Ce centre est à la fois une ONG et un centre de recherche. Avec eux on va monter à la lagune qui alimente près de la moitié de la ville de Cusco en eau potable. L’intérêt de ce lieu c’est le système d’entretien de cette lagune. Une partie de la facture d’eau payée par les habitants de Cusco va rémunérer les communautés qui bordent cette lagune. En échange ces dernières l’entretiennent, la protègent. Une fois par an, toute la communauté se met au travail pour entretenir la tête de bassin, c’est à dire l’endroit ou les torrents qui alimentent la lagune se forment. Au programme : reforestation, zones d’infiltration, restauration de terrasses etc… On monte là-haut, à 4000m d’altitude pour une interview. Pas évident pour le souffle… On fera 5 interviews dans la journée avec les différentes acteurs : l’équipe du Centre mais aussi la présidente et le vice président de la communauté, élu démocratiquement.

Quelques jours de montage et de visites plus tard, nous voilà à l’incontournable Machu Picchu et d’abord à Agua Calientes la ville juste en dessous. Se sentant un peu malade, on décide d’y aller en train (très cher, mais 1h40 de trajet) et on reviendra à pied et en bus (pas cher, mais 3h de marche et 7h de bus). Agua Calientes n’est pas désagréable, très touristique et borde un torrent incroyablement puissant. On finit par « faire » le Machu Picchu l’après-midi. Bonne idée car y’a pas trop de monde (80% des visiteurs viennent le matin) et en plus on a beau temps (la veille il pleuvait toute la journée).

Le lendemain, on se lève tôt près a marcher et prendre le bus sur la route de la mort (passage à plus de 4000m le long de précipice). Même pas peur ! On a des bonbons au coca et des antivomitifs. La vie nous sourie. On demande au gars de l’hôtel où se trouve le début du chemin. « N’y allez surtout pas » nous dit-il. La veille une inondation a emporté un village sur le chemin. On compte plusieurs morts, 3 ponts emportés. Heureusement qu’on lui a parlé. Dans la ville pas une seule information filtre. On apprendra plus tard que 40 personnes sont bloqués sous la pluie à 3h à pied de là. La seule solution pour rentrer : le train. Mais les billets sont super chers. La compagnie ne propose aucune solution alternative (réduc, trains locaux). En quelques heures, une troupe de 15 personnes se forme: des Argentins, Uruguayens, un Chilien, une Française, un Allemand. On gueule, on fait le siège de la compagnie de train, de la mairie, du commissariat. La représentante du petit groupe va pleurer dans le bureau du maire. A 21h on prend un train moitié prix. Bref, on est partie.

Pendant 2 jours on profite de la Vallée Sacrée : des temples, des marais salins et un ancien centre agronomique inca. Incroyable ! On profite de cette visite du centre inca pour faire une vidéo 33cl. Puis on rentre à Cusco pour visiter un peu.

On finit par partir pour Lima. Faut-il rester dans cette ville ? Tout le monde nous en dit pas vraiment du bien: c’est grand, beaucoup d’insécurité, cher. On reste la journée à attendre un bus et on part le soir directement pour Trujillo au nord du pays. On atterri finalement à Huanchaco, la station balnéaire collée à Trujillo. Quelques jours dans ce village de surfeur font du bien. Finis le froid et la pluie de la montagne. Bonjour la chaleur, l’océan. On reste quelques jours, on travaille sur l’ordi, on se baigne. 

Un vendredi on reçoit un coup de fil de notre contact d’une ONG Française en Equateur. On doit être le lundi là bas. Soit. On part, on enchaine 24h de bus et nous voici arrivés dans la nuit à Porto-Viejo, en Equateur. Nouveau pays, nouveau climat, nouveau tournage. Coronovirus ou pas, pour le moment on avance.